Taverne

Playlist podcast #2 : Nanarland le Podcast

écrit par audio du village

-Philippe ! Je sais où tu te caches ! Viens ici que je te bute enculé !

-Ta gueule ! Viens ici sale enculé.

-Salaud !

Cette douce mélodie résonne en vos oreilles de jeunes filles en vous laissant un petit fourmillement réconfortant dans le bidou ? Félicitations !  Vous êtes probablement adepte de nanar, ce gout délicieux pour la culture de l’imparfait. Mais pas le petit imparfait ponctués de ces simples erreurs, de l’objectif non atteint dans la grande mécanique complexe que peut être un film. Pas l’imparfait désagréable, le projet monté par un tâcheron s’acquittant d’une tache sans passion. Non, vous avez l’amour de l’absolu, de l’œuvre si colossalement ratée qu’elle en devient bonne, une douleur masochiste, vous transcendez un échec total en l’objet de vos fantasmes.

Le vilain (comme le laisse pressentir sa moustache ) Mike, faisant face au fier Philippe avec bien peu de distinction

Le nanar est un presque un art, une religion avec ses adeptes, en tous cas ses fans. Et en la matière un site Français fait autorité depuis presque une vingtaine d’années, le fameux Nanarland, site des mauvais films sympathiques. Combien d’heures, de jour ai-je passé sur cette plate-forme à parcourir des chroniques enflammés, d’un énième film de ninja ou d’une perle inattendue suintant les larmes de joie dans la plume du chroniqueur.

Ma découverte réelle avec nanar fût sur cette plateforme, avant de comprendre que quelques horribles morceaux de bravoure déjà entrevus n’étaient pas seulement des films étranges mais de véritable perle. J’ai souvenir d’un film de ninja, black ninja je crois, emprunté vers mes 12 ou 13 ans au vidéoclub (qui décidemment avait des perles), me disant de toute ma candeur «c’est tellement con que ça me fait rire », en nanardeur qui s’ignorait encore. Quelques années après et ma première visite sur nanarland, tout un océan s’ouvrit. On devait être en 2004 ou 2005, c’est un peu flou… peu importe, je n’ai plus jamais lâché le site et ses quelques refontes graphiques.

Classique du nanar : le clone du regretté mais commercialement exploitable Bruce Lee. Ici, le célèbre bruce Le, à ne pas confondre avec Bruce Li, Bruce Lai ou Bruce Thai

Du film de ninja, de la SF fauché, de la comédie Française 70-80 honteuse mais sympathique, presque tous les styles et, surtout, le plaisir du partage, des nombreuses soirées avec les potes de lycée devant les chefs-d’œuvre au lieu de se faire des Lan. Comme tous les cons (et les autres) je vieillis et les soirées nanardes sont un peu plus rares, mais là encore nanarland trouva la solution avec les nuits excentriques, une nuit blanche nanarde dans une vraie salle de projection. D’abord au Trocadero, que je n’ai pas connu, puis pendant près de 10 ans à la cinémathèque Française. J’ai pu ainsi faire 3 des éditions, dont une particulièrement marquante en 2008 (ou 2007). Un succès à chaque fois, mais dans une salle encore intimiste (toute proportions gardées), à moins que le public, à l’époque, ne soit pas encore aussi nombreux. Ainsi entre 2005 (première édition) et 2014, la formule s’affina en proposant plus d’interactions, plus de jeux, de petits extraits à thème.

Le film fauché de Ninja Hongkongais, un genre à part entière

En 2015, et propulsé par le succès de ses pastilles « escales à nanarland » sur allociné entre 2010 et 2013, le modèle s’agrandit en investissant la mythique salle du grand rex. Une année plus tard, la nuit excentrique reboote en « nuit Nanarland », gardant la même formule mais bénéficiant, cette fois, d’une visibilité encore accrut. Les grands médias en parlent, pas seulement en petits encarts anonymes balancés au cas où. Ma quatrième nuit de nanars et première nuit Nanarland officielle fut ainsi cette année et, à mon grand regret, passablement tronquée. Oui car venant directement du Japon la vieille avec quelques nuits blanches dans le mois, j’abandonnais comme un lâche après le deuxième film, Force Noire, un petit film d’art martiaux Teuton plutôt lunaire.

L’ami Chuck Norris, auteur de quelques œuvres et responsables de nombreux pieds dans la gueule

Mais en plus des émissions allociné, puis Arte plus récemment, ou encore de l’implication du site dans des rééditions DVD nanardes, la joyeuses petite bande (une partie en tous cas), s’est également lancé fin 2017 dans l’exercice du podcast. Pourquoi pas avant ? Sans doute de par l’éclatement géographique de ses membres. Joie et fête ? Oh que oui.

Nanarland le podcast

Interminable cette intro, et pourtant je me suis largement retenu.

Bon bon bon. Le podcast Nanarland débuta donc, de manière plutôt tardive au vu de l’ancienneté du site, fin 2017, sous l’aile du label Riviera Ferraille de Henri Michel. Nous reviendrons j’espère un jour sur Riviera Feraille, étant en suspens depuis Février pour des raisons que je n’évoquerai pas ici. Peu importe, car Nanarland devint totalement indépendant en Décembre 2018, sans changer sa formule.

Sa formule ? Assez simple et presque sage vu le passif du site : Présenter 3 films par 3 chroniqueurs, tous autour d’un thème commun plus ou moins large. 3 Chroniqueurs, mais une équipe plus complète, laquelle va amener ses anecdotes ou égarer le podcast vers des discussions plus éthérées. Encore heureux, nous sommes dans du nanar. Je ne pourrais pas mieux synthétiser la formule, car je ne pourrais que vous conseiller d’y jeter une oreille.

Un film d’horreur ? d’une certaine façon

Premièrement cela reste une mine d’information, un petit diamant de découverte. Episodes après épisodes on découvre les petites spécialités de genre nanardesque de tel ou tel participant, les amours communs, le tout avec la proximité et le ton plus posé de l’exercice podcast. Car aucun autre genre, à mon sens (excepté le live) ne permet de donner autant la sensation de participer, d’être assis là, en classe ou plutôt au zinc, les oreilles se gonflant d’anecdotes. Ainsi moins de 2 ans après sa création, le podcast nanarland est vite devenu un de mes favoris, le genre que je télécharge immédiatement et écoute dans la foulée.

Avantage précieux, mis à part quelques infos de fin de podcast sur l’actualité, Nanarland le podcast peut s’écouter dans n’importe quel ordre, ne suivant pas de fil continu ni de renouvellement drastique de sa formule. Je réécoute assez régulièrement certains épisodes, ce qui est toujours bon signe et plutôt rare dans mon cas. A la limite je conseillerai aux néophyte du nanar les 3-4 premiers épisodes pour se mettre dans le bain sur les plus gros thèmes.

Un bon nanar c’est aussi un méchant au charisme… indéfinissable

Cela veut dire qu’il n’a aucun défaut ? Non, certainement pas, mais rien qui ne me fait dire que cela est un obstacle, sauf lors de plantages.

Pour commencer et comme je le précisait plus haut, très peu de participants se trouve dans la même pièce. Le côté conférence, atténué par le côté Français géographiquement (à part un en Suisse si je me souviens bien) fait qu’il n’y a pas cette impression de décalage extrême. Néanmoins, on retrouve ces quelques moments de blancs ou chevauchement dans les prises de paroles. Difficile de régler le problème mais il faut le souligner. Le son est loin d’être mauvais pour un podcast façon teamspeak, même si un peu inégal. J’imagine que la méthode utilisée est l’enregistrement par les participants de leurs voix individuellement, ainsi qu’un enregistrement par le « maitre de cérémonie » de la conversation commune en sécurité. Cette méthode, ou en tous cas son résultat, font que certaines voix sont de meilleure qualité que d’autres. Mais surtout, comme sur l’épisode Saint-valentin de cette année, cela multiplie les possibilités d’erreurs ou de problèmes technique. Ce dernier à ainsi eu tout un pan (le dernier tier) inexploitable à cause d’un problème de carte SD, ainsi que d’autres problèmes tout au long de l’épisode. Mis à part cela et donc les quelques blancs et hésitations, le mixage est très propre vu la problématique de base. On est loin de certains épisodes à la limite de l’audible du pourtant très bon podcast science.

Adeptes des podcast longue durée, je lui reprocherais presque d’être trop court (entre 50 min et 1hr 30), oui j’aime en avoir plus. De même, le rythme de parution, généralement mensuel, est un peu léger.

« Quel dommage que tu sois ma tronçonneuse ! » White Fire, ou encore Vivre pour Survivre, ou encore Le Diamant. un film culte au triple titre et à la morale étrange

Vous conseiller des numéros de Nanarland le podcast ? A peu près tous, mais je dirais particulièrement :1 :

  • #1 Ma flamme s’appelle Norris
  • #2 Ninja sous la cagoule un cœur qui bat
  • #7 Trois nanars avec des gros melons
  • #21 3 nanars parisiens

Des nanars pour débuter ? Un gros faible pour le film Dragon Kickboxer, accessible et sans temps morts.   

J’en profite pour caser que la prochaine nuit nanarland se tiendra le 21 Septembre prochain au Grand Rex, mais que surtout les places seront en vente ce vendredi 28 Juin à 14hr.

Le mot de la fin ? Promizoulin.

Site Nanarland

Nanarland le podcast

Nanaroscope, émission de nanarland sur Arte

Escale à Nanarland sur allociné

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