Test Casque bluetooth

Test Marshall Major III Bluetooth [Express]

écrit par audio du village

Introduction

Allez, bouclons ce triptyque casqué avec le petit frère, ou le patriarche suivant le point de vue. Le Major c’est le premier, le fondateur, celui qui a lancé la machine. Mais si la marque était dans les plus grosses ventes à l’époque, de l’eau a coulé sous les ponts. Le Marshall Major III Bluetooth est, des années après le premier Major, le second modèle en Bluetooth et le 5ème de cette mini-gamme. Le Major II Bluetooth avait largement corrigé les défauts sonores du premier, en reprenant une signature expressive mais pas agressive. Il y avait encore un peu de chemin à parcourir, notamment sur le confort. Est-ce que ce modèle III boucle la boucle ? Peut-être. 

Construction

Il faut dire ce qui est, bien que cela soit normal, ce Major fait moins solide que les Monitor ou Mid. Moins de métal, un ensemble d’apparence un peu moins dense, plus souple, sans pourtant mettre en avant de réels défauts. Encore une fois la patte Zound Industries se fait sentir, l’arceau est très solide, le grain « Marshall » toujours convaincant. Les coussinets sont bien plus épais qu’avant, de meilleure qualité, reprenant là aussi la texture grainée caractéristique de la marque. Le progrès est réel, surtout dans les finitions. 

Les coques deviennent moins anguleuses, plus rondes, plus proches du modèle Mid. Petit regret avec la disparition des bagues en métal doré enveloppant l’arceau. Le système de pivot est également un peu étrange. Aussi bien voire mieux pensé mais faisant beaucoup moins Marshall qu’avant. Nous sommes ici dans une grosse inspiration Urban Ears, peut être même une reprise. Sur ce point très précis je trouve toujours le Major 1 mieux réussi visuellement. 

On note également un peu d’évolution du côté de l’accroche entre l’arceau et les coques, utilisant un système moins spartiate.  Enfin, l’arceau en lui-même est retravaillé, se séparant de sa forme ovale pour une approche arrondie plus conventionnelle et, nous le verrons, plus confortable. Cela se fait en plaçant l’arceau un peu plus à l’intérieur du système réglage/pivot qu’auparavant.

La connectique intégrée est mieux pensée que sur le Major II Bluetooth, qui plaçait une encoche volumineuse et disgracieuse pour y caler les ports. Le Major III Bluetooth intègre la prise Jack et la prise Usb de manière bien plus discrète, dans la continuité de la coque.

On retrouve un câble Jack de très bonne facture, mais pas aussi bon que celui du Monitor Bluetooth, moins clinquant aussi. 

Accessoires

Il faut l’avouer, Marshall est vraiment radin sur ce modèle

  • Câble Jack télécommande/micro spiralé
  • Câble USB-B 

Et c’est tout. Pas de housse sur ce modèle, ni rigide ni même souple. Sans demander l’excellente protection du Mid ANC, nous pouvions tout de même attendre un petit quelque chose, un casque à 150 euros n’est pas un gadget que l’on balance au fond d’un sac. Alors si, c’est exactement ce que je fais, et c’est un exemple déplorable à ne pas suivre… 

Version blanche du Marshall Major III Bluetooth, belle mais salissante

Petit point fashion : le casque est le seul de la gamme Marshall a exister en 3 coloris : Un modèle Noir classique, tout blanc (assez salissant), ou brun foncé avec doublure interne de l’arceau couleur cognac. 

Confort

A ma grande surprise, le Marshall Major III Bluetooth passe un cap. Je ne vais pas le citer comme un modèle extrêmement confortable, certainement pas, mais les progrès sont très importants et cela pour deux raisons. 

Premièrement, la forme de l’arceau, plus ronde et plus proche du crâne permet un serrage moins important que dans les modèles I et II. Celui-ci semble même plus faible que sur le Mid ANC. 

Coussinet bien plus épais que sur les précédents modèles. Couplé à l’arceau serrant moins, le confort est très supportable pour un supra

Deuxièmement, et la grande différence est là : l’épaisseur sensiblement plus importante des coussinets. Ceux-ci sont très proches de ceux des Mid, mais plus épais encore,  restant parfaitement supportables pour des écoutes moyennement longues. Au bout d’une bonne session, une heure voire deux dans mon cas, la pression sur l’oreille et le crane se fait sentir, mais le serrage est finalement contenu. Il est difficile de le placer par rapport au monitor ou au Mid, mais son épaisseur de coussinets fait qu’il est encore au-dessus de ce dernier et très correct voire bon pour un Supra (coussinets reposants sur les oreilles). Le Monitor étant pour moi assez raté pour un  circum, je serais tenté de mettre le Major au-dessus, pour ses oreillettes de meilleure qualité. 

Ergonomie

Attention répétition : L’utilisation des commandes est la même que pour tous les modèles Bluetooth de chez Marshall, à savoir l’utilisation d’un unique bouton/joystick doré. Sans être amoureux du procédé qui reste un peu fastidieux dans les premiers jours d’utilisation, celui-ci a le mérite de proposer une approche bien à lui. Il n’est pas rare de s’emmêler les pinceaux de par le placement du bouton, mais une fois maîtrisé cela va assez vite… avec des ratés fréquents. 

Version marron et arceau brun clair, la plus vintage dans l’idée

Codecs

Là encore même son de cloche, il est bien normal que la marque uniformise  un minimum. De l’AptX au petit dej, plutôt bon pour les utilisateurs Android (surtout à partir de la 8.0) donc, beaucoup moins pour les utilisateurs Apple qui se contenteront du SBC obligatoire, moins qualitatif et amenant plus de latence.  

Isolation

Correct. Pas dans le meilleur des modèles fermés, surtout pour un supra, mais très honnête. Peut être même un peu au-dessus du Mid ANC en passif. Quant au Monitor, sa tenue très aléatoire dans l’enveloppement fait que je ne peux que le mettre derrière. 

Autonomie

Redite redite. Oui marshall annonce 30 heures d’utilisation comme sur les Mid ANC (sans anc activé) et Monitor Bluetooth. Dans les faits, et toujours sans test poussé en la matière, j’ai pu essayé le casque 24 heures en Aptx sans arriver au bout de la batterie. Pour le reste, des tas de sites sont surement allés plus loin.  

Son

Pour ce dernier plus de doute, du Marshall à l’ancienne, ce qui est un peu étrange quand on connait la sonorité un peu plus équilibré du Major II. Ce troisième modèle est… très typé. Il y a plus exagéré, mais cette signature ne fait pas dans la finesse, ce qui a des avantages et des défauts

Le niveau de basses, si l’on doit parler des quelques points d’équilibre, est bien là, assez présent, descendant très bas sans trop déborder. Énormément de progrès depuis le premier Major.

Le Monitor Bluetooth, malgré sa taille,  n’est pas plus qualitatif à ce niveau, et le Major III Bluetooth n’a pas à rougir dans sa catégorie de prix. C’est un bon modèle, assez rond mais plutôt percutant. Reste que la quantité de basse est très dépendante de la position des coussinets et donc du type d’oreille. Le modèle n’est pas pivotant d’avant en arrière, ce qui peut plus ou moins laisser fuiter les basses. Ceci dit, c’est presque un détail et très loin de ce qui me dérange avec le Monitor.

Le problème vient davantage des hauts-médiums, pouvant apparaître sur-représentés. On a déjà vu bien pire, mais ceux-ci sont sensiblement mis en avant autour des 2-4Khz, gamme permettant un son tranchant et parfois agressif sur les pistes déjà claires.

Ainsi, nous avons constamment un jeu d’équilibre, suivant les styles voire les pistes, entre du très bon et du très moyen. L’ensemble n’est que rarement strident, mais il faut apprécier ce type de signature, parfois claire pour le meilleur, parfois un peu sifflante. Une piste peu chargée ne pose jamais de problème, une musique bourrée de pistes sonores met en lumière ses limites.

Je noirci un peu le tableau, car la qualité du driver est bien meilleure qu’avant, le modèle ne part presque jamais en roue libre.  Vous aimez les signatures en V ou vous ne les aimez pas. A l’image de certains Ultrasone/Final Audio qui me sortent littéralement par les oreilles, ce modèle divisera énormément. 

Mais, dans son genre, dans son approche très percutante, il fait très bien le boulot.  En revanche, l’extension des aigus reste limitée. Il n’y a pratiquement plus rien après les 10Khz, d’où un manque de clarté en ce sens, une impression manifeste de manque d’aération.

La signature en V a un petit avantage, ou plutôt 2, elle permet d’avoir une scène sonore relativement large et très détaillée, presque artificiellement, gonflant certaines sonorités. De même, elle permet de ne pas avoir à trop monter le volume pour un rendu déjà convaincant, là où une signature neutre demande souvent de pousser un peu le potard pour avoir l’impression d’en profiter. En cela, elle contrebalance bien sa certaine agressivité. 

Cette approche a pourtant des défauts. Les médiums peinent à exister et manquent de précision, repoussant les voix dans un espace étriqué et séparant assez mal les différents instruments, étageant bien plus difficilement qu’un modèle comme le Focal Listen. 

Pour le coup, je n’ai pratiquement remarqué aucune différence entre le mode bluetooth et le mode filaire. Ce dernier garde le cap, ce qui est plutôt une bonne chose, beaucoup trop de casques, même les plus chers, s’effondrent totalement une fois le câble branché. 

Ai-je été déçu ou convaincu par le casque ? Tout dépend. Cette signature sonore n’est pas forcément pour moi, mais la qualité technique est suffisamment bonne pour ne jamais aller au delà de ses prétentions, pour ne jamais être déçu. 

Presque atypique, dans un univers maintenant porté avant tout sur les basses, les creux dans les 2-4Khz et, souvent , un pic uniquement près des 10Khz, ce Marshall propose autre chose. Autre chose et de manière plutôt qualitative, un son puissant et tranchant, percutant, qui bien sûr n’évite pas les défauts d’une telle signature.

En se replaçant dans les prix actuels (à savoir 99 euros en décembre 2018), le modèle est très intéressant, bien construit, plutôt confortable pour un supra et proposant un son unique, perfectible mais diablement efficace. En l’occurrence, je le préfère même au Monitor, qui n’est techniquement pas meilleur. Plus mesuré mais un peu moins précis dans les basses et avec moins de personnalité. 

Test mid A.N.C

Test Monitor Bluetooth

Conclusion

Le plus compact, le plus léger, le moins cher des Bluetooth Marshall. Le plus typé aussi. Une bonne vieille signature en V à l’ancienne, mettant en avant les basses et les hauts-médiums. Une signature clivante, typée, détaillée, large et parfois agressive, mais très puissante. Une signature Marshall ? Oui, en mieux. Une signature que la marque avait presque abandonnée, revenant dans ce casque avec un bien meilleur niveau technique. Pas un grand modèle, mais sans gros défauts, et quelle énergie ! 

 Note : 4 Denis Maréchal chef de guerre

(nous rappelons que cette note est purement subjective voire très secondaire)

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